Plan pluriannuel de travaux : où placer la peinture ?

La réponse courte

Le plan pluriannuel de travaux met en ordre les grands chantiers de l’immeuble. La peinture y est souvent reléguée en fin de liste, alors que son calendrier dépend directement des autres interventions.

Sommaire · 5 min
  1. 01 · Ce que prévoit la loi, et ce qu’elle ne règle pas
  2. 02 · L’ordre logique : ce qui casse avant ce qui décore
  3. 03 · Fournir un état des peintures exploitable
  4. 04 · Phaser et budgéter sans émietter
  5. 05 · Du plan au vote en assemblée générale

Le plan pluriannuel de travaux met en ordre les grands chantiers de l’immeuble. La peinture y est souvent reléguée en fin de liste, alors que son calendrier dépend directement des autres interventions.

Depuis la loi Climat et résilience du 22 août 2021, l’article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit un plan pluriannuel de travaux pour les immeubles en copropriété de plus de quinze ans, avec une entrée en vigueur par étapes de 2023 à 2025 selon la taille de la copropriété. Ce plan hiérarchise les travaux à venir. La remise en peinture des parties communes y a sa place, mais pas n’importe où : elle vient après les chantiers qui cassent, percent ou salissent les murs, et avant que l’usure n’impose une préparation lourde. Pour le syndic et le conseil syndical, l’enjeu est de fournir à ceux qui élaborent le plan un état précis des peintures et des supports, puis de caler les remises en peinture sur les autres interventions.

Diagnostic d’immeuble pour le plan pluriannuel de travaux, façade et parties communes observées

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Ce que prévoit la loi, et ce qu’elle ne règle pas

L’article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965, issu de la loi Climat et résilience du 22 août 2021, rend obligatoire un plan pluriannuel de travaux pour les immeubles de plus de quinze ans. L’obligation est entrée en vigueur par étapes entre 2023 et 2025, selon la taille de la copropriété. En parallèle, l’article 14-2-1, issu de la loi ALUR du 24 mars 2014, impose un fonds de travaux alimenté par une cotisation annuelle d’au moins 5 % du budget prévisionnel, sauf exceptions prévues par la loi.

Le texte ne dit pas quand repeindre une cage d’escalier. Il fixe un cadre de programmation. C’est à la copropriété, avec ses conseils, de placer les opérations d’entretien au bon endroit de ce cadre.

Pour la peinture, ce cadre a un avantage concret : il oblige à regarder l’ensemble des interventions sur plusieurs années, et donc à éviter les enchaînements absurdes. Repeindre un hall juste avant de remplacer la porte d’entrée, ou une cage juste avant de refaire les colonnes, sont des erreurs que la programmation permet d’éviter.

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L’ordre logique : ce qui casse avant ce qui décore

La règle de terrain est simple : on ne repeint pas une cage d’escalier que l’on va saigner pour passer des câbles l’année suivante. Toute intervention qui perce, ouvre des saignées, dépose des faux plafonds ou génère de la poussière doit précéder la peinture.

  1. Toiture, couverture et étanchéité, qui conditionnent les infiltrations
  2. Colonnes montantes d’eau, de gaz ou d’électricité dans les cages
  3. Mise aux normes électriques et remplacement de l’éclairage des parties communes
  4. Modernisation ou remplacement de l’ascenseur, avec ses reprises de maçonnerie
  5. Ravalement de façade, qui touche souvent le hall et la porte d’entrée
  6. Remise en peinture des parties communes, puis des menuiseries et ferronneries

Cet ordre n’est pas absolu : une ferronnerie qui rouille ou une porte cochère qui pourrit en pied ne peuvent pas attendre la fin d’un cycle de gros travaux. Il donne une trame, que l’on ajuste avec l’état réel des éléments.

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Fournir un état des peintures exploitable

Un plan pluriannuel n’est pertinent que s’il repose sur un état réel. Pour les peintures, un relevé simple, zone par zone, apporte beaucoup plus qu’une mention générale « peintures à rafraîchir ».

  • Hall : état des murs, des moulures, des soubassements
  • Cages d’escalier : fissures, traces d’humidité, écailles, état des limons
  • Paliers et couloirs : chocs, salissures, reprises visibles
  • Porte cochère : film de peinture, pied de vantail, quincaillerie
  • Ferronnerie : rouille de surface ou feuilletante, scellements
  • Volets et menuiseries communes : lames, appuis, assemblages

Ce relevé précise aussi les diagnostics disponibles (constat plomb, dossier technique amiante), qui peuvent peser sur la méthode et donc sur le coût. Le carnet d’entretien, tenu par le syndic, indique les dernières interventions et leurs dates.

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Phaser et budgéter sans émietter

La tentation est de lisser la dépense en repeignant un étage par an. Le résultat est rarement satisfaisant : des différences de teinte et d’aspect entre étages, des frais d’installation répétés. On préfère phaser par ensemble cohérent : le hall et la cage principale une année, la cour et les ferronneries une autre, les caves plus tard.

Les ordres de grandeur aident à situer les montants : les paniers médians relevés en Île-de-France sont de l’ordre de 13 500 € pour les parties communes, 5 500 € pour une porte cochère, 7 000 € pour la ferronnerie et 8 000 € pour les menuiseries. Ce sont des repères, pas des devis ; le chiffrage réel se fait sur visite.

Le fonds de travaux permet d’anticiper ces dépenses et d’éviter des appels de fonds trop brutaux au moment du vote.

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Du plan au vote en assemblée générale

Inscrire une remise en peinture au plan ne dispense pas de la voter. Le moment venu, le syndic met la résolution à l’ordre du jour, avec les devis et les conditions essentielles notifiées avec la convocation, comme le prévoit l’article 11 du décret du 17 mars 1967. La remise en peinture des parties communes relève de l’entretien et se vote à la majorité de l’article 24. Le déroulé est détaillé dans notre guide sur le vote en assemblée générale.

Pour préparer ce vote, un devis décomposé par zone, avec les méthodes de préparation et l’état de finition visé, permet aux copropriétaires de comprendre ce qu’ils financent. C’est ce que nous remettons pour toute remise en peinture de parties communes.

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Questions fréquentes

La peinture des parties communes doit-elle figurer au plan pluriannuel ?

Il est utile de les y faire apparaître, surtout quand la peinture protège un support : ferronnerie qui rouille, porte cochère en bois, menuiseries exposées. Les faire figurer au plan permet d’anticiper la dépense et de caler leur calendrier sur les autres travaux, au lieu de les découvrir en urgence.

Peut-on repeindre avant les travaux prévus au plan ?

C’est possible, mais risqué si des travaux lourds dans les cages sont prévus à court terme : saignées, colonnes, électricité. On repeindrait deux fois. En revanche, protéger une ferronnerie qui rouille ne doit pas attendre.

Le fonds de travaux peut-il financer une remise en peinture ?

La question dépend des règles propres au fonds prévu à l’article 14-2-1 et des décisions de l’assemblée générale. Elle est traitée en détail dans notre article sur le financement d’une remise en peinture par le fonds de travaux.

Qui fournit l’état des peintures au plan pluriannuel ?

Le syndic rassemble les informations, avec le conseil syndical. Une entreprise de peinture peut réaliser un relevé zone par zone lors d’une visite, en indiquant l’état des supports, les diagnostics à consulter et les interventions à prévoir.

[[ENTREPRISE:dirigeant]], dirigeant de RenoPeinture. Article rédigé par l’équipe travaux, à partir des chantiers de peinture menés en copropriété en Île-de-France.