Quelles autorisations pour des travaux de peinture ?

La réponse courte

Pour des travaux sur les parties communes, il faut d’abord une décision de l’assemblée générale. S’y ajoutent, selon les cas : une déclaration préalable si l’aspect extérieur change, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France en secteur protégé, une autorisation de voirie pour occuper le trottoir, et la consultation du CREP et du DTA.

Sommaire · 5 min
  1. 01 · Ce que dit la loi
  2. 02 · Qui décide et qui paie
  3. 03 · Les étapes en pratique
  4. 04 · Les erreurs fréquentes

Repeindre à l’identique un hall ne demande qu’un vote. Changer la teinte d’une porte cochère, monter un échafaudage sur le trottoir ou poncer des peintures anciennes en demande davantage. Le point, autorisation par autorisation.

Un chantier de peinture d’immeuble superpose trois familles d’autorisations. La première est interne à la copropriété : l’assemblée générale vote les travaux à la majorité de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965, ou autorise un copropriétaire à agir à ses frais à la majorité de l’article 25. La deuxième relève de l’urbanisme : modifier l’aspect extérieur d’un bâtiment, par exemple la teinte d’une porte ou de volets, suppose une déclaration préalable, et l’avis de l’architecte des Bâtiments de France en abords de monument historique ou en site patrimonial remarquable. La troisième concerne la voie publique : échafaudage, benne ou stationnement d’un véhicule de chantier exigent une autorisation de voirie délivrée par la commune. Reste un préalable sanitaire, le repérage du plomb et de l’amiante, qui conditionne le choix des procédés de préparation.

Échafaudage installé sur le trottoir devant une façade parisienne, autorisation de voirie obtenue

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Ce que dit la loi

Copropriété

La remise en peinture des parties communes se vote à la majorité de l’article 24 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. L’autorisation donnée à un copropriétaire d’effectuer à ses frais des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur relève de l’article 25 b.

Urbanisme et voirie

  • Déclaration préalable en mairie pour toute modification de l’aspect extérieur : changement de teinte d’une porte, de volets, de menuiseries visibles de la rue.
  • Avis de l’architecte des Bâtiments de France lorsque l’immeuble se situe en abords de monument historique ou en site patrimonial remarquable.
  • Autorisation de voirie de la commune pour occuper le domaine public : échafaudage, benne, stationnement.

Santé des occupants et des compagnons

Pour les immeubles construits avant le 1er janvier 1949, le code de la santé publique impose un constat de risque d’exposition au plomb (CREP) des parties communes. Pour ceux dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, un dossier technique amiante (DTA) doit exister, et un repérage amiante avant travaux s’impose lorsque le chantier touche des matériaux susceptibles d’en contenir.

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Qui décide et qui paie

L’assemblée générale décide des travaux et de leur budget ; le syndic, pour le compte du syndicat, porte les démarches administratives et conserve le CREP et le DTA. L’entreprise prépare les pièces techniques : descriptif, référence de teinte, plan d’installation de l’échafaudage.

  • Déclaration préalable pour les parties communes : déposée au nom du syndicat, sur la base de la résolution votée.
  • Déclaration préalable pour un élément privatif : à la charge du copropriétaire autorisé.
  • Autorisation de voirie : en pratique demandée par l’entreprise ou son échafaudeur, la redevance éventuelle étant portée au devis.
  • Repérage amiante avant travaux : commandé par le maître d’ouvrage, donc par le syndicat pour les parties communes.

Pour un changement de teinte décidé par un seul copropriétaire, notre guide sur l’article 25 précise la procédure de vote.

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Les étapes en pratique

  1. Rassembler le CREP et le DTA auprès du syndic dès la visite technique, avant tout chiffrage.
  2. Vérifier auprès du service urbanisme de la mairie si l’immeuble est en abords de monument historique ou en site patrimonial remarquable.
  3. Arrêter la teinte et le procédé, puis les faire voter en même temps que les travaux.
  4. Déposer la déclaration préalable dès le vote acquis, avec photographies de l’existant et nuancier.
  5. Demander l’autorisation de voirie une fois la date d’installation connue.
  6. Fixer la date de démarrage seulement lorsque toutes les autorisations sont obtenues.

Sur une porte cochère en secteur protégé, l’architecte des Bâtiments de France s’intéresse autant à la teinte qu’à la finition : un décapage bio en pâte suivi d’une laque microporeuse respecte mieux un chêne massif qu’une glycéro épaisse. Même logique pour des volets et persiennes sur une façade ancienne. Présence de plomb dans les couches anciennes : on écarte le ponçage à sec et on privilégie le décapage chimique ou l’hydrogommage, avec confinement.

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Les erreurs fréquentes

  • Considérer qu’un vote en assemblée vaut autorisation d’urbanisme.
  • Changer la teinte d’une porte ou de volets « presque à l’identique » sans déclaration préalable.
  • Monter un échafaudage sur trottoir sans autorisation de voirie.
  • Lancer la préparation des supports sans avoir consulté le CREP ni le DTA.
  • Découvrir la présence de plomb pendant le ponçage, chantier ouvert et résidents dans les étages.

Ces oublis ont un point commun : ils se découvrent en cours de chantier, quand l’arrêt coûte le plus. Pour préparer la cohabitation avec les occupants, voir notre guide sur le chantier en site occupé. Côté bailleurs et gestionnaires de parc, nos équipes bailleurs et collectivités intègrent ces démarches au planning.

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Questions fréquentes

Faut-il une déclaration préalable pour repeindre à l’identique ?

La déclaration préalable vise la modification de l’aspect extérieur d’un bâtiment. Le moindre changement de teinte sur une porte, des volets ou des menuiseries visibles de la rue appelle donc une déclaration. Pour une remise en peinture strictement à l’identique, les exigences locales peuvent varier d’une commune à l’autre : interrogez le service urbanisme de la mairie avant de commander, et gardez sa réponse écrite au dossier.

Quand l’avis de l’architecte des Bâtiments de France est-il requis ?

Lorsque l’immeuble se situe en abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable. L’avis porte sur la teinte, la finition et parfois le procédé. En Île-de-France, de nombreux immeubles anciens sont concernés : vérifiez la situation de la parcelle avant de fixer la teinte, pas après le vote.

Qui demande l’autorisation de voirie pour l’échafaudage ?

L’autorisation est délivrée par la commune pour toute occupation du domaine public : échafaudage, benne, stationnement d’un véhicule de chantier. En pratique, l’entreprise de peinture ou son échafaudeur la demande et en reporte le coût éventuel au devis. Le syndic doit simplement s’assurer qu’elle a été obtenue avant l’installation.

Le CREP est-il obligatoire avant de repeindre une cage d’escalier ?

Le constat de risque d’exposition au plomb des parties communes est exigé pour les immeubles construits avant le 1er janvier 1949. Il doit donc exister, et l’entreprise doit le consulter avant de choisir sa méthode de préparation. Sur une cage d’escalier ancienne, il conditionne le décapage, le confinement et la gestion des déchets.

Le DTA suffit-il pour lancer les travaux ?

Le dossier technique amiante concerne les immeubles dont le permis a été délivré avant le 1er juillet 1997. Il renseigne sur les matériaux repérés, mais un repérage amiante avant travaux reste nécessaire lorsque le chantier touche des matériaux susceptibles d’en contenir, comme certains enduits ou revêtements. L’entreprise adapte ensuite ses procédés.